Le point nodal

par le déc.05, 2010, dans Panoramiques, Technique

Introduction

Certains d’entre vous m’ont déjà croisé avec mon armada de matériel pour faire du panoramique : trépied & tête panoramique. Souvent, la question tombe : à quoi ça sert ?

Le trépied sert à être sable et ne pas trop bouger entre 2 clichés et la fameuse tête panoramique sert à tourner autour du point nodal. A force d’expliquer vaguement ce qu’est ce fameux point nodal, voici par l’exemple comment il se manifeste.

C’est où ?

Le point nodal est un point (souvent fictif) autour duquel tous les rayons d’un système optique se croisent. Si, sur nos objectifs, il n’y avait qu’une unique lentille, le point nodal serait simple à trouver. Cependant, la complexité des objectifs modernes fait que les rayons ne passent effectivement pas toujours par ce fameux point.

L’image ci-contre (empruntée sur le site d’Arnaud Frich) montre le point nodal sur un Olympus E10. Comble de la fourberie : avec un zoom, il n’y a pas un point nodal, mais plusieurs (un par focale). C’est autour de ce point que l’on va tourner afin d’avoir le moins de problèmes possible lors du collage d’un panoramique par assemblage.

Dans les faits

Lorsque l’on fait une série de photos pour les assembler en panoramique, la rotation autour du point nodal n’est pas obligatoire. S’il n’y a pas de premier plan sur la photo finale, ou si le premier plan est relativement uni (surface d’eau lisse, sol de couleur uniforme) les effets de la non rotation autour du point nodal n’apparaissent quasiment pas. En guise d’exemple : une photo prise à la terrasse du centre Georges Pompidou en 2005. L’absence de premier plan fait qu’il faut zoomer fortement pour voir les défauts d’alignement.

Voyons maintenant ce qu’il se passe quand l’image finale comporte un premier plan. Si l’appareil n’est pas tourné autour de son point nodal (et surtout loin de son point nodal), des défauts d’alignement apparaissent sur le premier plan (sur la barrière à droite) alors que l’arrière plan, lui, est net. Cette photo a été prise à la station de ski de Super Lioran. Les photos, faites à main levée et rapidement, ne sont pas centrées sur le point nodal.

Voici maintenant le résultat d’une rotation autour du point nodal correcte : J’ai fait cette photo depuis mon balcon spécialement pour cet article. Le premier plan (la rambarde du balcon) ne présente aucun défaut d’alignement malgré l’assemblage de 3 clichés. Les puristes diront qu’elle est floue, c’est vrai, je n’ai pas assez fermé le diaph.

Comment s’y mettre (au point nodal) ?

La première méthode consiste de tenir l’appareil à main levée est de ne pas tourner autour de sois-même mais autour de l’objectif. Grosso-modo, sur les objectifs modernes, le point nodal est situé à la longueur focale de la lentille avant (un 15mm aura son point nodal à 15mm de la lentille avant, en direction de l’appareil). Cette valeur n’est qu’indicative, mais permet de dégrossir la position.
Cette méthode est loin de couvrir tous les défauts, mais suffisante pour les photos avec un premier plan « simple ». Les logiciels d’assemblage modernes permettent aussi de gommer un maximum d’erreurs.

Une deuxième méthode est d’investir dans une tête panoramique. Ces montages permettent d’adapter (presque) tous les boitiers & objectifs à leurs points nodaux respectifs. Certaines d’entre elles offrent 2 axes de rotation afin de réaliser des panoramiques sur plusieurs rangées, voir des sphériques complets. Ces têtes sont souvent onéreuses (plus de 300€) mais offrent une grande souplesse d’utilisation. Les curieux pourront consulter une liste du marché actuel sur la page d’Arnaud Frich.
La mode des images gigapixel ouvre le marché à des têtes motorisés  automatiques, mais c’est là un autre monde.

Une troisième solution est de se faire sa propre tête panoramique. Cela peut n’être qu’une simple équerre fixe, qui ne permet pas de changer d’objectifs. Une solution intermédiaire est d’utiliser un plateau coulissant pour passer d’un réglage à un autre. La photo ci-contre montre mon montage, constitué d’un plateau coulissante Manfrotto 357, d’un plateau rapide RC2 Manfrotto 323 et d’un équerre faite maison. Depuis, une autre équerre usinée et pliante et venue la remplacer, plus rigide et plus pratique.

Pour en savoir plus

Je ne listerai pas tous les sites web qui parlent de panoramiques & du point nodal. Histoire de changer du web, je conseille la lecture du livre « La photographie panoramique », publié chez Eyrolles par Arnaud Frich. Cet ouvrage est une mine d’or pour qui veut apprendre la technique du panoramique, depuis les plus vieux montages argentiques jusqu’aux méthodes d’assemblage modernes.


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